Lundi 12 et mardi 13 octobre 2026, la Ville de Rochefort a procédé à l’abattage de 23 arbres sur la partie nord du cours d’Ablois. Cette intervention, liée à l’état des arbres et à la sécurisation du site après la démolition de l’ancienne maternité, s’inscrit dans un projet de revalorisation de cette perspective historique. À terme, 103 arbres d’essences variées viendront renforcer le patrimoine arboré du cours.
Le cours d’Ablois est un espace historique emblématique de Rochefort, reliant la Vieille Paroisse à l’Hôpital de la Marine. La Ville porte un projet de réaménagement visant à retrouver la perspective paysagère imaginée au XVIIIe siècle, tout en renforçant la place de la nature en ville et en anticipant les effets du changement climatique.
Dans ce cadre, 23 arbres ont dû être abattus le 13 octobre : 11 érables negundo, situés dans le mail central, et 12 tilleuls à grandes feuilles, implantés le long de l’ancienne maternité, sur l’emprise Saint-Charles.
Ces interventions répondent à deux situations distinctes.
Les érables negundo du mail central sont vieillissants. Au fil des années, plusieurs sujets ont disparu, fragilisant la continuité et l’homogénéité de l’alignement historique.
L’état sanitaire des 11 arbres concernés et leur espérance de maintien ont été jugés incompatibles avec les aménagements prévus. Leur remplacement permettra de reconstituer progressivement une trame arborée cohérente, en accord avec la perspective historique du cours.
Les arbres existants dont l’état sanitaire est favorable seront, eux, préservés au maximum. Le projet ne prévoit donc pas le remplacement systématique de tous les arbres en place, mais une intervention ciblée, tenant compte de leur état et de leur capacité à se maintenir dans le temps.
La situation des 12 tilleuls est différente. Ces arbres ont fait l’objet d’une expertise arboricole indépendante, réalisée le 10 avril 2026 par le cabinet MD Expertise, à la demande du service Espaces verts de la Ville.
La démolition de l’ancienne maternité a profondément modifié leur environnement. Jusqu’alors protégés en partie par le bâtiment, les arbres se sont retrouvés davantage exposés aux vents, notamment du nord et du nord-est. Cette modification brutale a révélé et accentué des fragilités structurelles, en particulier au niveau des racines et des branches maîtresses.
L’expertise a notamment relevé des signes de perte de cohésion du sol autour des racines, des amorces de basculement et des fissurations sur certaines fourches de branches. Ces désordres pouvaient compromettre la stabilité des arbres et augmenter les risques de rupture lors d’épisodes venteux.
Sur les 12 tilleuls examinés, 10 présentaient un niveau de risque justifiant un abattage au titre de la mise en sécurité. L’expertise préconisait également des interventions sanitaires et un suivi pour les autres sujets. Dans ce contexte, les arbres concernés par les travaux ont été retirés afin de prévenir les risques pour les usagers.
Un arbre peut encore présenter un houppier vert et un feuillage fourni tout en ayant perdu une partie de sa stabilité mécanique. L’évaluation de sa sécurité ne repose donc pas uniquement sur son apparence, mais aussi sur l’état de ses racines, de son tronc et de ses branches principales.
La Ville a engagé une réflexion globale sur les cours et les squares situés entre le centre-ville historique et les faubourgs. Validé en conseil municipal, le schéma directeur d’aménagement du Cœur de Ville prévoit de mieux relier ces espaces, de développer les mobilités douces et de renforcer la présence de la nature en milieu urbain.
Le réaménagement du cours d’Ablois constitue une première étape de cette démarche. Il doit permettre de retrouver un mail central structuré par des alignements d’arbres et de remettre en valeur la perspective entre le clocher de la Vieille Paroisse et le campanile de l’Hôpital de la Marine.
À l’horizon 2028, en lien avec la réhabilitation de l’ancien hôpital civil, la création d’un nouveau pôle de formation supérieure et les projets d’aménagement voisins, le cours doit retrouver une place structurante dans le paysage rochefortais.
L’objectif est double : préserver les arbres existants qui peuvent l’être et préparer le renouvellement du patrimoine arboré pour les décennies à venir.
Pour accompagner cette transformation, 103 arbres de différentes essences seront replantés dans les 18 prochains mois : 11 féviers d’Amérique, 12 savonniers, 12 micocouliers de Provence , 8 chênes de Hongrie , 60 aulnes de Spaeth.
Cette diversité permettra de composer une trame végétale plus variée et de renforcer progressivement le couvert arboré du cours.
Une partie des nouveaux arbres prendra place dans l’alignement historique des érables, en respectant une distance minimale de 10 mètres entre les sujets. Les arbres plantés, âgés d’environ six ans et déjà suffisamment développés, pourront ainsi s’installer durablement tout en accompagnant la mise en valeur des arbres historiques conservés.
Un second alignement d’aulnes complétera le dispositif, en quinconce, afin de renforcer la présence végétale et de souligner la perspective paysagère.