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60 ans du tournage "Les Demoiselles de Rochefort"

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En suivant le fil de l'histoire

Peu de villes ont eu la chance d’accueillir un tournage en décors naturels et de lier pour l’éternité leur nom au titre d’un film. Jacques Demy (1931-1990) hésite pour tourner son film entre  « Les Demoiselles d’Avignon » et « Les Demoiselles d’Hyères ». Finalement, l’architecture de Rochefort et son Pont Transbordeur s’imposent comme le lieu idéal pour sa comédie musicale « Les Demoiselles de Rochefort ».
Il travaille pendant deux années à la construction musicale du film en compagnie de Michel Legrand (1932-2019), avec la joie comme fil conducteur. Les ballets sont ensuite créés par le chorégraphe anglais Norman Maen (1932-2008). 
Du 31 mai au 27 août 1966, Jacques Demy et son équipe transforment Rochefort en studio à ciel ouvert et métamorphosent la cité de Colbert : le décorateur Bernard Evein (1929-2006) fait repeindre  « 40 000m2 de façades en blanc avec les volets qui faisaient des taches de couleur ».

Trois mois de tournage inoubliables pendant lesquels la ville chante et danse sous les yeux émerveillés des badauds

Pour la réalisation du film « Les Demoiselles de Rochefort » Jacques Demy fait appel à des acteurs prestigieux : Catherine Deneuve, qui deviendra son égérie, est Delphine aux côtés de sa propre sœur Françoise Dorléac (1942-1967), Michel Piccoli (1925-2020), Jacques Perrin (1941-2022), Georges Chakiris, Grover Dale, Gene Kelly (1912-1996) et Danièle Darrieux (1917-2017), une actrice à laquelle Demy voue une profonde admiration. Elle est la seule à chanter son propre rôle en français, tous les autres acteurs étant doublés pour la partie chantée. 
Les acteurs et l’équipe technique partagent la vie des Rochefortais. Jacques Demy associe les habitants à son film : pour faire de la figuration, participer à la grande kermesse ou jouer un petit rôle, il suffit alors de s’inscrire ! À la sortie du film en 1967, chacun se cherche sur l’écran, reconnaît un voisin, une amie, une rue, sa maison… et s’exclame « J’y étais ! ».
En 1966, le film « Les Demoiselles de Rochefort » est le plus beau cadeau que pouvait recevoir Rochefort pour ses 300 ans !

 

C’est dans le musical que j’ai trouvé la satisfaction totale de toutes mes aspirations. 
Elles étaient comblées le jour où j’ai fait Les Demoiselles de Rochefort. J’étais là, complètement heureux. J’ai mêlé tout ce que j’aime : on y parle peinture, il y a de la poésie, des chansons, des ballets, de la littérature et du cinéma...
 

Jacques Demy

1. Le Pont Transbordeur

Avenue Jacques Demy

Tournage demoiselles de Rochefort Pont Transbordeur

Hélène Jeanbrau©1996-Ciné-Tamaris

 

Beaucoup de films de Jacques Demy ont pour cadre des villes portuaires anciennement dotées de Ponts Transbordeurs, comme celui qui a marqué son enfance à Nantes.
Dans le film « Les Demoiselles de Rochefort », le Pont Transbordeur n’est pas seulement un décor, il joue un rôle essentiel de passage vers la magie de tous les possibles.
Après avoir coloré les façades de la ville, Bernard Evein, le décorateur de Jacques Demy, souhaite repeindre en rose tyrien le transbordeur, ce qui lui est refusé par la production en raison du coût trop élevé. La nacelle fait sa dernière traversée en février 1967. L’édifice a bien failli disparaître. Il doit sa survie à son classement au titre des Monuments Historiques en 1976. Les piétons et les cyclistes l’empruntent toujours pour franchir la Charente. C’est aujourd’hui le dernier transbordeur de France.

 

Guillaume Lancien, amoureux malheureux de Delphine, vend de l’art moderne et pratique la peinture au pistolet, référence aux nouveaux réalistes et aux « tirs à la carabine » de Niki de Saint-Phalle.
La galerie de peinture rassemble des imitations d’œuvres issues des principaux courants artistiques de cette époque. Le « Demy-monde » est nourri de toutes ces références picturales « Braque, Picasso, Matisse, c’est ça la vie » s’exclame Maxence, le peintre-poète, marin de circonstance, qui a peint le portrait de sa « femme idéale » (qui ressemble tant à Delphine qu’elle s’y reconnaît elle-même au premier coup d’œil). C’est la seule œuvre figurative de la galerie de peinture.

2. La galerie de peinture Lancien

72 avenue Lafayette

Tournage demoiselles de Rochefort Galerie

Hélène Jeanbrau©1996-Ciné-Tamaris

3. La maison du crime

Angle rues du Port & de la République

Tournage rue Demoiselles de Rochefort

Hélène Jeanbrau©1996-Ciné-Tamaris

 

Le fait divers est en gros titre dans la pressent la foule et Maxence, que le "mystère enchante", se pressent pour satisfaire leur curiosité. La police maintient l'ordre en chantant : "Ne restez pas là, circulez, soyez chics. Nous ne voulons pas vous être antipathiques, ne nous forcez pas à vous cogner dessus à bras raccourcis..."

C'est dans cette maison que Pélagie Rosier, "plus connue autrefois sous le fier pseudonyme de Lola Lola" a été découpée en morceaux puis "rangée dans l'ordre énuméré par des docteurs, avec les pieds en bas - Arrêtez : Quelle horreur !"

 

En arrivant à Rochefort par le sud, le cortège passe devant la caserne Martrou. C'est là que Maxence fait son service. Pour jouer l'amoureux transi qui va en "perm'à Nantes", Jacques Demy demande à Jacques Perrin de se décolorer les cheveux en blond.

Les marins ne montent plus la garde devant la caserne Martrou. Le site abrite aujourd'hui le Cercle Mixte deds armées ainsi que les Archives du Service Historique de la Défense.

4. Caserne Martrou

Rue Jean Jaures

Tournage demoiselles de Rochefort caserne Martrou

Photogramme des Demoiselles de Rochefort © 1966 Ciné-Tamaris

5. L’Alhambra-Colbert

77-79 rue Jean Jaurès

Studio Alhambra

 © Archives Rochefort Océan

 

Chaque soir l’équipe du film se retrouve autour de Jacques Demy dans ce cinéma pour visionner les rushes et imaginer le montage définitif du film.
À partir de 1998, l’ancien cinéma est repris par la société Cristal Groupe, et est transformé en studio d’enregistrement spécialisé dans la musique à l’image.
En 2018, l’Alhambra Studios s’agrandit et se dote d’un nouvel équipement dédié à la post-production image et son : un auditorium et plusieurs salles de montage sont créés.

 

Le magasin de musique de Monsieur Dame est aménagé dans l’ancien magasin de la Bourse du commerce. Le bâtiment des halles est transformé dans les années 1970 pour devenir le palais des Congrès à l’étage et le marché couvert au rez-de-chaussée.

6. Le magasin de musique

Angle avenue de Gaulle & rue Jean Jaurès

Tournage demoiselles Rochefort Magasin Musique

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris

7. Le Grand Bacha

53 avenue de Gaulle

Hotel Grand Bacha Catherine Deneuve

Fonds numérique Jean-Eric Dubois, Archives Rochefort Océan

 

Première auberge de la ville, le Grand Bacha est un hôtel restaurant réputé à Rochefort dans les années 1960. En quête de la ville décor qui lui permettra de tourner les Demoiselles, Jacques Demy, accompagné d’Agnès Varda et de Bernard Evein, fait une halte au Bacha. Il est séduit par les couleurs rose et lilas des boiseries du restaurant.
Jacques Demy choisit le Grand Bacha comme cantine de l’équipe pendant toute la période du tournage. L’hôtel ferme en 1986 pour être transformé en résidence. Sur la façade, son nom est conservé.

 

La place est le lieu central de nombreuses scènes du film. Jacques Demy a le coup de foudre pour ce vaste quadrilatère entouré de façades à l’architecture classique, nouvellement aménagé en 1964 avec un parterre de pavés géométriques et un bassin central. Le café tenu par Yvonne Garnier est un décor réalisé par Bernard Evein, à l’angle des rues Pierre Loti et Audry de Puyravault. Il est détruit à la fin du tournage. En 2006, des travaux de rénovation ont redonné à la place son aspect d’origine avec ses circulations initiales en diagonale.

8. La place des Demoiselles 

Place Colbert

Kermesse place Colbert lors du Tournage du film des demoiselles de Rochefort

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris

La Kermesse

Mi-juillet 1966, les Rochefortais sont conviés à une grande kermesse sur la place Colbert. Les participants peuvent gagner des transistors et pour les plus chanceux des répliques du blouson de Georges Chakiris ou de la robe de Catherine Deneuve.  
Le matin du premier jour, ils sont déjà 800 en costume sur la place, l’après-midi 1 200 personnes se lancent des tonnes de confettis et serpentins distribués pour l’occasion. La fête se termine magnifiquement avec le numéro des deux sœurs Garnier.

9. L’appartement

Mairie - Place Colbert

Lecon de danse Demoiselles de Rochefort

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris

 

C’est dans le bureau du maire qu’est aménagé l’appartement des Demoiselles. Delphine et sa sœur Solange ont une vue imprenable sur l’animation de la place Colbert. Professeures de piano/chant et de danse, les sœurs Garnier reçoivent dans leur intérieur les élèves du conservatoire de musique et de danse de la ville qui deviennent leurs élèves, le temps du tournage.

 

Gene Kelly incarne Andy Miller, un célèbre musicien qui arrive à Rochefort pour retrouver son ami Simon Dame. Jacques Demy lui offre son premier rôle dans un film français.
Lors d’interviews télévisées, il s’exprime dans un français irréprochable pour répondre aux questions des journalistes et décrire son travail d’acteur et de chorégraphe.

10. Andy dans la ville

La rue Latouche-Tréville & la rue Chanzy

Jacques PERRIN et Gene KELLY Demoiselles de Rochefort

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris

11. L’école de Boubou

Rue Bazeilles

Ecole Boubou demoiselles de Rochefort

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris

 

Solange, venue chercher son frère à l’école, croise un étranger souriant qui l’aide à ramasser les affaires jetées à terre par un Boubou turbulent. 
Les visages indiquent un coup de foudre réciproque et contenu comme un temps suspendu avant que chacun reprenne le fil de sa vie. Andy exécute alors un pas de danse entouré de petits rochefortais.
Le macadam des rues est lissé à la demande de Gene Kelly afin de réaliser sa chorégraphie. Le fronton de l’entrée de l’école de Boubou se trouve sur le magasin aux vivres de l’ancien arsenal maritime, réhabilité en appartements de 2016 à 2020.

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