Le film « Les Demoiselles de Rochefort » est une comédie musicale, qui entraîne toute la ville dans l’effervescence d’une fête foraine l’espace d’un week-end.
Les demoiselles sont des sœurs jumelles, l’une danseuse (Delphine) et l’autre musicienne (Solange), qui rêvent du grand amour et d’échapper aux horizons bornés de leur condition de femmes nées dans une petite ville loin de Paris. Leur mère tient un café sur la place centrale. Elle élève seule l’enfant qu’elle a eu avec Monsieur Dame, un marchand de musique qu’elle a quitté pour ne pas devenir « Madame Dame ». Un de ses clients, un marin, a peint son idéal féminin et le cherche partout.
Des forains et une foire commerciale s’installent en ville.
Un compositeur américain tombe amoureux d’une inconnue qui a perdu sa partition dans la rue.
En pleine kermesse et dans un va-et-vient d’espérances et de hasards, chacun retrouvera peut être sa chacune.
À travers les rues géométriques de Rochefort, les personnages, tous en quête d’amour, se cherchent, ne se voient pas... jusqu’à ce que le maître du hasard et de leur destin, le cinéaste, se décide à croiser les fils.
• Les jumelles Delphine & Solange Garnier (Catherine Deneuve & Françoise Dorléac)
• Leur mère : Yvonne Garnier (Danielle Darrieux)
• Leur frère : Boubou (Patrick Jeantet)
• Le père d’Yvonne : Pépé (René Bazart dit René Pascal)
• La serveuse : Josette (Geneviève Thénier)
• L’ami de pépé : Subtil Dutrouz (Henri Crémieux)
• Les forains : Etienne et Bill (Georges Chakiris et Grover Dale)
• Leurs partenaires : Esther et Judith (Leslie North et Pamela Hart)
• Le marchand de musique : Simon Dame (Michel Piccoli)
• Le compositeur : Andy Miller (Gene Kelly)
• Le marin poète : Maxence (Jacques Perrin)
• Le galeriste : Guillaume Lancien (Jacques Riberolles)
Né à Pontchâteau (Loire-Atlantique) le 5 juin 1931, Jacques Demy, fils d’un père garagiste et d’une mère coiffeuse, grandit à Nantes. La ville imprègne tellement son imaginaire que presque tous ses films se situent dans des villes portuaires. Très tôt, il
se lance dans la réalisation de films d’animation et achète sa première caméra au passage Pommeraye.
À 18 ans, il intègre l’école de cinéma de la rue Vaugirard à Paris. Il fréquente assidûment le groupe de la Nouvelle Vague auquel appartient sa future femme, Agnès Varda (1928-2019).
Le cinéaste nourrit un espoir balzacien, tourner « 50 films qui seront tous liés les uns aux autres […] à travers des personnages communs ».
À l’été 1964, Jacques Demy esquisse un premier scénario intitulé « Boubou ». Il rêve d’une comédie musicale à l’américaine.

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris
• Les Horizons morts (1951)
• Le Sabotier du Val de Loire (1955)
• Le Bel indifférent (1957)
• Ars (1959)
• La Luxure et les Sept péchés capitaux (1961)
• Lola (1961)
• La baie des anges (1963)
• Les parapluies de Cherbourg (1964)
• Les Demoiselles de Rochefort (1967)
• Model Shop (1969)
• Peau d’âne (1970)
• Le joueur de flûte (1972)
• L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la lune (1973)
• Lady Oscar (1979)
• La naissance du jour (1980)
• Une chambre en ville (1982)
• Parking (1985)
• Trois places pour le 26 (1988)
En 1989, Agnès Varda rend hommage à Jacques Demy en réalisant un film inspiré de son enfance : «Jacquot de Nantes» (1990).
« Le plus merveilleux événement cinématographique » est annoncé par les producteurs Parc Films (Mag Bodard) et Madeleine Films (Gilbert de Goldschmidt). Jacques Demy dispose pour son film « Les Demoiselles de Rochefort » d’un budget conséquent grâce au succès international des «Parapluies de Cherbourg», palme d’or à Cannes en 1964.
Seulement le montant dépassant les possibilités du seul marché français, la Warner entre dans la production, d’où un tournage en français et en anglais. Pour le plus grand plaisir de Jacques Demy, le financement permet d’accueillir Gene Kelly, monument de la comédie musicale américaine, ainsi que les interprètes de «West Side Story», George Chakiris et Grover Dale.
En 1967, le film «Les Demoiselles de Rochefort » sort la même année, en France et en Angleterre.

Hélène Jeanbrau ©1966-Ciné-Tamaris
L’auteur de l’affiche mythique du film «Les Demoiselles de Rochefort» est René Ferracci (1927-1982). Il est l’un des plus prolifiques créateurs d’affiches de cinéma. Parmi plus de 3 000 créations, il signe : «Jules et Jim» de François Truffaut (1961), «Playtime» de Jacques Tati (1967), «La boum» de Claude Pinoteau (1980) … L’affiche du film «Les Demoiselles de Rochefort» reflète l’univers enchanté de Jacques Demy. Les couleurs «pop» et la spirale transportent les personnages dans un tourbillon de danse et de musique. D’autres versions sont éditées selon les pays.
Réalisation, scénario original, dialogues et paroles des chansons : Jacques Demy
Musique écrite et dirigée par : Michel Legrand
Décors : Bernard Evein
Chorégraphie : Norman Maen
Images : Ghislain Cloquet
Costumes : Jacqueline Moreau
Son : Jacques Maumont
Montage : Jean Hamon
Script girl : Annie Maurel
Photographies : Hélène Jeanbrau
Format : 35 mm couleurs, cinémascope
Affiche : René Ferracci
Producteurs :
Mag Bodard (Parc Film), Gilbert de Goldschmidt (Madeleine Film)
Durée : 121 minutes
Sortie en France : 8 mars 1967
Distribution : Ciné-Tamaris

Voix :
• Anne Germain : Delphine
• Claude Parent : Solange
• Christiane Legrand : Judith
• Claudine Meunier : Esther
• Alice Herald : Josette
• José Bartel : Bill
• Romuald Figuier : Étienne
• Donald Burke : Andy Miller
• Danielle Darrieux : Yvonne
• Olivier Bonnet : Boubou
• Georges Blanès : Simon Dame
• Jacques Revaux : Maxence
• Jean Stout : Guillaume Lancien